4ème Cours
LE RYTHME VIVANT
1ère Année
QUATRIEME CONFERENCE — SORBONNE — 16 AVRIL 1931 —
LE RYTHME VIVANT
1 Dans notre dernière leçon, nous avons vu que l’homme était une sorte de condensateur d’énergie dont les déflagrations produisaient des gestes, ces gestes s’exécutant par toutes les fibres du composé humain. Et là, nous pourrions nous étendre et étudier un problème qui, au point de vue pédagogique comme au point de vue psychologique, a une grande importance : c’est le problème des « types ».
2 Que nous le voulions ou que nous le voulions pas, nous sommes, pourrait-on dire, exagérés sur un point ou sur un autre de notre organisme. C’est cette « exagération » qui orientera plus tard la spécialisation de l’enfant, soit au point de vue de la vision s’il devient peintre, soit au point de vue de la souplesse des doigts s’il devient modeleur, soit au point de vue de la rapidité des articulations s’il devient pianiste. On peut dire que c’est la propension de notre organisme qui nous rend plus aptes à recevoir les impressions ou de la vue, ou de l’ouie, ou du toucher, etc… Nous jouons nos attitudes mentales avec telle ou telle partie de notre organisme.
3 Sans doute — et nous le verrons de plus en plus, à la suite de D. le Professeur JANET — nous pensons et nous recevons « avec tout notre corps ». Mais cette globalité, pour ainsi dire, de l’attitude mentale s’accentue cependant sur tel ou tel point, si bien que certains types plus visuels vont rejouer leurs intussusceptions avec leurs yeux, de là pendant la nuit, leurs rejeux oculaires.
4 Il faut que nous disions immédiateant notre pensée sur ce point. La psychologie jusqu’ici a été aveuglée par les images visuelles. Ouvrez une Traite de Psychologie : vous voyez tout de suite apparaître les images, les images, les images… on a appliqué le mot « image » qui était l’appellation spécifique du re-jeu oculaire, on l’a appliqué au re-jeu auriculaire et on a parlé d’ « image auditives » : et puisqu’on était si bien parti dans ce vocabulaire, on a parlé « d’images-motrices ». Là, les Psychologues ont regimbé : ils avaient admis par habitude les images visuelles ; ils avaient admis les images auditives, beaucoup ont refusé d’admettre les images motrices. Et pour ma part, je crois qu’il faut délibéremment, définitivement bannir le mot « image ».
1 J’en parlais dernièrement avec un très grand Professeur de Psychologie expérimentale qui me disait : « Nous sentons tous que le mot « image » est un mot inexact, mais quoi mettre à sa place ? » Je crois que nous pourrions proposer au lieu d’ « image », le mot de « réviviscence ».
Car ce sont des gestes qui revivent dans les yeux, qui revivent dans les oreilles, qui revivent dans la gorge, qui revivent dans les mains. C’est toujours le geste qui se reproduit à une échelle plus ou moins poussée, et qui se reproduit avec les mêmes organes. C’est sur ce point-là que les travailleurs de demain auront à pousser leurs investigations.
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