3ème Cours
L’ÉNERGÉTIQUE DE LA VIE ET LE GESTE
1ère Année — TROISIEME CONFERENCE — SORBONNE — 26 Mars 1931
L’ÉNERGÉTIQUE DE LA VIE ET LE GESTE
I. LE MONTAGE DES GESTES
a. gestes globaux
b. gestes oculaires
c. gestes auriculaires
d. gestes mimiques
II. LE RÉEL AVANT L’ORTHOGRAPHE
III. APRÈS L’ÉDUCATION MATERNELLE, L’ÉDUCATION PROFESSORALE
1ère Année
TROISIEME CONFERENCE — SORBONNE — 26 MARS 1931
L’ENERGETIQUE DE LA VIE ET LE GESTE
En principe, puisque je parle du rythme, nous pourrions commencer dès maintenant à essayer d’étudier cette chose curieuse et qui est véritablement à l’ordre du jour.
Cependant, je n’oserais pas dire, comme M. BERGSON qu’il existe un rythme pur. Le rythme est toujours accroché à quelque chose et cette chose rythmée — j’allais presque dire rythmante — c’est l’énergie
Curieuse chose que l’énergie. Elle commence dans tous les domaines à être l’objet d’investigations multiples.
L’énergie, mais c’est tout ! et, de plus en plus, la constitution de la matière inanimée, comme la constitution de la matière vivante, semblent aux yeux du savant des organisations de l’énergie.
L’être vivant, puisque c’est la seule chose que nous ayions à étudier ici, pourrait être comparé — oh ! grossièrement, mais comme le dit mon maître Pierre JANET, les comparaisons les plus simples sont souvent les plus éclairantes — l’organisme vivant, dis-je, pourrait être comparé à l’un de ces petits détonateurs à répétition que nous allumions jadis, lorsque nous étions enfants ; nous donnions à cette petite chose le nom de « crapaud », c’était une sorte de tube souple qui était replié sur lui-même et chargé de matières explosives. On mettait le feu à la mèche, en jetait cela par terre et on regardait l’effet produit par cet allumage et cette combustion et ces détonations successives. A partir du moment où l’inflammation venait à gagner le premier tube détonnant, il y avait un tressaut et pendant un certain nombre de secondes, suivant la longueur du tube détonnant, nous assistions aux sauts répétés du crapaud.
Nous pourrions dire que nous sommes un peu cet instrument, mais la souplesse est plus grande, les détonations plus fines, mais il y a tout de même détonation.
C’est précisément ces détonations que nous allons avoir à étudier aujourd’hui. Lorsqu’il y a des troubles dans ces détonations, les plus grandes perturbations peuvent se produire dans l’être humain et effectivement se produisent. Nous avons alors affaire aux arythmies, nous avons affaire aux maladies de l’énergie qui ont été si admirablement étudiées pendant toute la vie de M. JANET.
1 De là, l’apparition de noms qui, au début, semblaient bizarres : asthénie, psychasthénie, Neurasthénie, termes qui essayaient de classer les troubles de l’énergie vivante, troubles qui effectivement, aujourd’hui, sont de plus en plus multipliés puisque nous avons à lutter toujours avec le même organisme, contre un milieu ambiant qui nous inflige des détonations multipliées. Or ces détonations, alimentées par chacun des allumeurs extérieurs nous obligent à réagir. Et c’est par milliers et milliers chaque jour que ces explosions s’imposent à notre organisme.
2 Il y a des explosifs quasi partout : ces explosifs nous obligent, bon gré, mal grés, à réagir, et cette réaction, qu’elle soit de l’ordre visible ou de l’ordre invisible, microscopique ou macroscopique, consciente ou inconsciente, se pose toujours devant nous comme une sorte de geste.
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