7ème Cours
LE MIMOGRAPHISME
L 102 — recueillir le mimographisme des civ., encore a actuelles des commissions américaines de tout réunies depuis 90 ans pour recueillir ts ces matériaux psychologiques et éthimologiques compilées mimogrames en dernières pages.
1ère Année
— SEPTIEME CONFERENCE — SORBONNE — 7 MAI 1931 —
LE MIMOGRAPHISME
Dans notre dernière conférence, nous avons vu que l’homme était capable globalement d’intégrer l’Univers tout entier : il l’intègre en prenant — lui agissant — chacune des actions de l’Univers.
L’Univers gesticule, comme le dit très bien un jeune Psychologue M. Maurice Bouté dans un article paru ces jours-ci dans la Revue « Les Etudes ». L’Univers gesticule, mais gesticule inconsciemment et fatalement.
L’homme, lui, reçoit toutes ces gesticulations inconscientes et fatales, et les rejoue. Il les rejoue en calquant exactement le réel ; il prend une action qui agit sur une autre action, il fait cela consciemment, logiquement et c’est ainsi qu’il a inventé le mécanisme le plus parfait qui se puisse rêver : le mécanisme intellectuel.
Il faut que nous partions de là pour établir et la pensée humaine et la logique humaine et par le fait même, l’expression humaine.
On a dit « Donnez-moi un levier et je soulèverai le monde ». Lorsque l’homme a intégré en lui et a rejoué un geste propositionnel conscient et logique, l’Univers entier lui appartient.
C’est avec cette. gesticulation fine, souple et consciente qu’il va monter toute sa science.
Et il va transporter à travers sa vie tout ce qu’il a intussusceptionné de réel, et c’est là que nous nous trouvons en face du problème de la mémoire. C’est le grand problème que je me suis posé il y a 25 ans :
« Comment l’homme placé au milieu des actions de l’Univers s’y prend-il, pour recevoir en lui, conserver et transmettre chacune de ces actions ? »
C’est le problème que s’est posé d’une façon plus magnifique et métaphysique M. Bergson. C’est ce problème que devra se poser tout psychologue expérimental, puisque — sous un nom ou un autre, que ce soit un Dwelshauvers ou un Janet — tous actuellement sont contraints, par les faits, à l’étude du geste.
Nous avons vu pourquoi le mot« image » peut prêter à amphibologie et peut aveugler à coups de gestes oculaires toute la gesticulation psychologique humaine.
1 Voilà pourquoi nous épousons totalement les expériences faites par ces savants, mais nous les intégrons avec une terminologie neuve pour pouvoir saisir tout ce qu’il y a de commun entre des phénomènes qui ont été étudiés d’une façon trop séparée.
2 Voilà donc l’homme possédant en lui l’Univers tout entier et désirant le garder. Enlevez la mémoire, faites disparaître chacune de ces réceptions au fur et à mesure qu’elle est reçue, la vie psychologique est impossible.
3 Un être qui se renouvellerait à chaque seconde ne pourrait pas rejouer véritablement une vie psychologique, la physiologique fonctionnerait, mais le psychologique serait toujours en puissance obédentielle à quelque chose qui ne viendrait pas.
4 Lorsque l’homme désire suppléer à sa présence, il essaie de trouver un autre lui-même, quelquefois c’est à lui-même qu’il va vouloir suppléer, car il a peur de ses propres mécanismes qu’il sent lui échapper. De là une double raison d’une fixation de ces gestes propositionnels que nous avons vus élaborés vitalement.
5 Il va essayer, cet homme, maître de ses mécanismes, mais qui sent qu’ils peuvent lui échapper, il va tâcher de les fixer pour ceux qui passeront, lui absent, et pour lui-même se retrouvant après une absence.
6 Et c’est là que se pose tout le système du graphisme. Et se pose aussi un problème qui a été abordé et peut-être pas résolu par M. Bergson : nous sommes dans le mouvement, nous sommes dans la vie et nous sommes dans l’intelligence ; je ne crois pas que nous puissions séparer l’intelligence de la vie.
7 L’intelligence, c’est la saisie de ces mécanismes, la maîtrise de ces gestes propositionnels, saisis, arc-boutés, plongés, d’un bout de la vie à l’autre.
8 L’homme sent-il, comme Descartes, qu’il pense toujours, qu’il est toujours en possibilité de penser ? Alors, s’il voulait transmettre ses gestes propositionnels, vivants et intelligents, il devrait s’adresser à un être qui puisse les reproduire dans leur mouvement. Mais ce mouvement comble de recevoir nos gestes vivants et mouvants, nous ne faisons encore que le découvrir : c’est le cinématographe.
9 Depuis des millénaires, le problème s’est posé et s’est posé avec la conscience d’un problème à résoudre. C’est ce problème du geste propositionnel donné hors de soi que nous allons étudier aujourd’hui.
Le Geste propositionnel, c’est pour ainsi dire l’ombre chinoise gesticulante. S’il était possible de pouvoir saisir la matière morte, de la rendre vivante et de la rendre capable de produire la gesticulation vivante elle-même ?
Cet agent qui va agir, cette action qui va actionner une autre action essentielle, s’il était possible à une ombre chinoise de la reproduire… cette ombre, elle est vivante quand je suis là, et que je rejoue les gestes du réel interactionnant…
Si avec un crayon ou un morceau de charbon, je suis le contour de chacune de mes gesticulations projetées sur la paroi, je vais produire une image, mais quand je vais regarder cette image, elle va être morte, puisque sans mouvement, et moi je suis vivant et mouvant.
Nous pouvons regarder à travers toutes les civilisations, nous apercevons des graphies un peu partout et ces graphies se présentent d’une façon curieuse.
Je jette les yeux, par exemple, sur une graphie chinoise. On nous dit, quand nous demandons ce que signifie ce caractère « cela est un poisson ».Et si nous remontons dans le décours du temps, nous apercevons effectivement qu’il y a quelques millénaires, ce qui a été déformé par le pinceau, a cette forme : (graphie d’un poisson)
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